Les origines

Il fut un site privilégié, occupé très tôt par les Gaulois, les Celtes, les Ligures (750 av J.-C.) et les Romains (125 av J.-C.).

Ces derniers érigèrent deux tombeaux à l’emplacement actuel du Château. Une pierre gravée provenant d’un de ces monuments est scellée dans la base du clocher.

L’Histoire commence sur un piton rocheux, une garnison romaine s’y installe: les traces d’un chemin rectiligne partant de la Bessurane vers Grasse, ainsi que deux pierres tombales dans le village l’attestent.

A l’origine de ce peuplement on trouve sur les plateaux avoisinants des ruines de Castellaras, bergeries, bories… signes d’une population nomade vivant d’élevage. Vers le Vème siècle, la population nomade devient sédentaire, on commence la culture dans le piémont (au pied des montagnes).

Pour éviter l’érosion on pratique la culture en paliers “Restanques”, technique héritée des Grecs. On se loge dans des habitations troglodytiques creusées dans la pierre calcaire: le baou, plus facilement défendable contre les prédateurs ou les bandits. Deux de ces habitations ont été conservées au village ainsi que dans la campagne vers Gourdon.

La population agricole croissant régulièrement, un petit bourg s’installe, une église est bâtie, une communauté rurale est née.

 

Un village qui se construit

Le plus ancien document connu portant la mention du village, le désigne sous le nom de PONCII ALBARNI : en 1078 dans le recueil des chartes (cartulaire) de l’Abbaye de Lérins citant la charte de St Pons à Nice datée de 1004.

Il est ensuite dénommé CASTRUM DE ALBARNO, le 3 avril 1235, dans un acte d’échange des Princes d’Antibes aux Comtes de Provence. Le nom de ALBARNO (ou ALBARNUM) vient de la racine prélatine ALB (hauteur) suivie du suffixe ARN (fortification). La désignation sous la forme LOU BARN, puis LE BAR, n’apparaît qu’au XVIème siècle. En parler local, les habitants se nomment toujours LEI AUBARNENC (LES AUBARNOIS).

La communauté érige des fortifications autour du village et la Tour de guet au IXème siècle, pour se protéger des invasions Sarrasines, puis Mauresques, qui le détruisirent à plusieurs reprises entre le IXème et le début du XVème siècle

En 1235, les Comtes de Provence cèdent la commune du Bar aux Princes d’Antibes auxquels appartient la famille de Grasse, qui y installe une seigneurie.

La Seigneurie du Bar est dotée de son propre étalon de mesure “La Canne” (1m80), et a le droit de battre monnaie. On peut observer cette canne, enchâssée dans la Tour.

Le Château, dont les fondations datent du XIII°, appartint jusqu’à la Révolution, aux Comtes de Bar. L’Amiral de Grasse, le plus illustre d’entre eux, y naquit le 13 septembre 1722 et y passa la plus grande partie de son enfance.

Les Seigneurs de Grasse-Bar se succèdent jusqu’à la Révolution Française, et en 1792, le Donjon, symbole de la puissance seigneuriale, est rasé, le château pillé avant d’être réquisitionné par la Commune Révolutionnaire qui le revendra aux habitants.

En 1800 Le Bar devient chef-lieu de Canton le 28 pluviôse de l’an VIII.

Le Bar a connu dès le XVIème siècle une activité importante. Gros bourg rural, c’était un espace d’échanges commerciaux dont la renommée s’étendait sur quelques lieues à la ronde. Son artère principale groupait tous les commerces et échoppes d’artisans: une véritable fourmilière.

Les foires locales se tenaient régulièrement sur les places, lieux essentiels de la vie communautaire : marchés agricoles, colportage, tissus, mercerie et autres commerces forains.

Des taxes étaient perçues sur les marchandises à l’entrée du village, à chaque “Portal”. Les voyageurs pouvaient se loger à l’intérieur du village, de nombreuses auberges, souvent situées près des entrées les recevaient, ainsi que leurs montures.