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L’Amiral de Grasse





Tous les ans la commune rend hommage à l'Amiral de Grasse lors de la Journée de la Marine, organisée en partenariat avec la ville de Grasse

 

Enfance et début de sa carrière

Le château du Bar sur Loup voit naître le 13 septembre 1722, François-Joseph, Paul, Comte de Grasse. A cette époque un pont-levis, enjambant les douves, était la seule voie d’accès à l’imposant château. Le donjon, dont la base héberge actuellement l’Office de Tourisme était une tour haute de sept étages, lieu stratégique de surveillance des Gorges du Loup. Flanqué de plusieurs tours d’angles, ces bases étaient enrochées en contrebas.

François-Joseph est un enfant difficile et turbulent, aussi son père le destine à une carrière militaire. Les promenades qu’il effectue avec son précepteur jusqu’au Port d’Antibes lui font découvrir le monde de la marine à voile et dès l’âge de douze ans il commence son apprentissage de marin.

Il s’engage dans les gardes marines à Toulon, puis à Malte. Enfin il réintégrera la Marine Royale. Gravissant les échelons de la hiérarchie militaire, il obtient son premier commandement en 1762 sur le vaisseau « Le Prothée ». Il combat sur toutes les mers et plus particulièrement aux Antilles.

Et c’est aux Antilles justement que le nom de l’Amiral de Grasse va entrer dans l’Histoire…

 

Le siège de Yorktown

En effet, le 22 mars 1781, sur l’ordre de Louis XVI qui le nomme lieutenant général des armées navales, le comte de Grasse part de Brest avec une escadre pour aller au secours des américains, en lutte contre les anglais pour leur indépendance.

A Saint Domingue, il embarque 3.000 hommes qui vont soutenir Washington, La Fayette et Rochambeau devant le fort de Yorktown où Lord Cornwallis est assiégé. Le 5 septembre 1781, il débarque hommes et matériels dans la baie de la Chesapeacke, puis averti par une frégate de l’arrivée d’une escadre anglaise, il appareille très rapidement et entame le combat afin d’empêcher le ravitaillement de Yorktown par les vaisseaux anglais. Il repousse les anglais qui finiront par renoncer. A terre, le siège commence. Le 14 octobre, deux redoutes sont enlevées et le 18 octobre, Lord Corwallis capitule. L’indépendance américaine est acquise.

 

La bataille des Saintes

Après cette victoire éclatante, les anglais souhaitent prendre leur revanche. Le 11 avril 1782, l’Amiral de Grasse à bord de « La Ville de Paris », à le tête de trente bâtiments de guerre, escortant une centaine de navires marchands, est attaqué par l’escadre anglaise de l’Amiral Rodney. Le navire « La Ville de Paris » est coupé de son avant-garde et de son arrière-garde. Les commandants des bâtiments français n’obéissent pas aux ordres de l’Amiral de Grasse. Son équipage décimé, de Grasse est fait prisonnier. Arrivé à Londres, il est reçu par Georges III qui lui rend son épée. Chargé par le gouvernement anglais d’élaborer le plan de paix entre la France et l’Angleterre, il rentre à Paris avec l’amertume de cette dernière défaite. En dépit de l’opposition du roi, de Grasse provoque le procès de Lorient. L’arrêt du Conseil de Guerre est accablant pour ses adversaires, mais le roi ne lui pardonne pas d’avoir déclenché ce scandale et le bannit de sa cour.

Usé, fatigué, l’Amiral de Grasse meurt à Paris, le 14 janvier 1788. Son corps est inhumé en l’église de Tilly, face à son château des Yvelines.




Célestin Freinet

 





Fierté du Bar sur Loup, Célestin Freinet a laissé parmi nos concitoyens un souvenir impérissable.

Né dans un petit village voisin, Gars, rien ne destinait ce petit paysan à devenir célèbre dans le domaine bien particulier de la pédagogie.

Célestin sera envoyé à 13 ans, en pension à Grasse, en vue de préparer le concours d’entrée de l’Ecole Normale d’Instituteurs de Nice. Concours que l’enfant réussit, ses parents sont alors déchargés des frais d’études. L’Etat se charge de tout, avec un emploi moyennement rémunéré certes, mais sûr.

La guerre de 1914 le prive de la dernière année d’études. Le manque d’instituteur (partis pour la guerre), se fait sentir, on écourte les études et les promus de dernière année sont employés à des remplacements. A 18 ans, mobilisé, il part se battre et en 1917, gravement blessé au poumon, invalide reconnu à 70 %, il part en convalescence où il mettra au point sa théorie d’éducation active. Il a alors 23 ans.

 

Une nouvelle pédagogie

Nommé le 1er octobre 1919 au Bar sur Loup, il prendra ses fonctions le 1er janvier 1920. Il n’a aucune envie d’entrer dans le schéma classique, de reproduire ce qu’il a subi étant enfant. En effet, il se souvient de son ennui sur les bancs de l’école, des cours magistraux prodigués par un maître en costume noir, des rêves de courses dans la nature, de jeux au bord du torrent, pendant les séances d’endoctrinement (selon son propre propos, c’est ainsi qu’il appelle les cours d’Histoire de France !)

Son premier souci fut de supprimer l’estrade magistrale et de placer son bureau au milieu de la classe : une Révolution ! L’école doit être intégrée dans la vie. Il n’y a aucun cours qui ne soit dicté par la motivation. Aussi se promène-t-il souvent dans la campagne avec ses élèves, voir travailler les paysans, poser des questions, prendre des notes, et au retour, ensemble, on rédige un rapport. Des questions se poseront et pour les résoudre l’élève comprendra la nécessité d’obéir à certaines structures enseignées dans les manuels scolaires, qui seront mieux acceptés.

 

De l’imprimerie au journal scolaire

La renommée de Freinet et de ses méthodes « actives » se fait jour. Des collèges lui écrivent pour diffuser les travaux de ses élèves et il a l’idée de les imprimer. En 1942, il achète une petite presse destinée à des commerçants pour diffuser des prospectus. Le format est réduit mais les enfants sont enthousiastes. Enfin ils ont la certitude de pénétrer dans le monde des adultes. Tous les jours, chaque enfant reçoit un exemplaire du texte choisi pour être imprimé et l’ajoute dans son classeur pour constituer le « livre de vie » de la classe. Freinet, encouragé par Henri Barbusse et Romain Rolland, écrit des articles dans « Clarté » et « L’Ecole émancipée » et en 1927 un livre « L’imprimerie à l’école ».

La poste, par son refus d’accepter le tarif réduit des périodiques pour des envois d’imprimés, jouera un rôle décisif dans la diffusion de ses méthodes. Freinet trouvera le moyen de tourner la difficulté. En 1972, il crée le « Journal Scolaire », bi-mensuel déclaré en Préfecture. Puis, entre temps, des instituteurs passionnés créent la « Cinémathèque Scolaire Coopérative », qui permet aux classes de s’échanger les cours documentaires filmés par les enfants sur les travaux des champs, les paysages, par une petite caméra Path-Baby. Celle-ci qui fusionnera avec la coopérative de l’imprimerie à l’école pour devenir en 1928 la Coopérative de l’Enseignement Laïc » qui édite un bulletin pédagogique,« L’imprimerie à L’Ecole » où l’on débat de tous les problèmes de l’éducation, en France et dans les autres pays.

A cette époque, il quitte Le Bar sur Loup pour enseigner à Saint Paul. Il décèdera en 1966 et sera inhumé à Gars. Le retentissement de ses théories sur l’école moderne sera mondial.



Francis Ponge 1899-1988







Né à Montpellier en 1899, au sein d’une famille de très vielle souche huguenote, il fut très tôt imprégné de musique, de littérature et de réflexion philosophique. Il bénéficie d’une enfance privilégiée au sein de la bonne société protestante. Lycéen intelligent mais irrégulier et parfois dissipé, il fait cependant de brillantes études en rhétorique, droit et philosophie, et fut admit à l’Ecole Normale Supérieure en 1919.

Patriote barrésien, Francis Ponge s’inscrit au Parti Socialiste une fois rendu à la vie civile. Il commence à écrire dès 1920 mais n’est pas publié, à part quelques articles. Il travaille aux éditions Gallimard dès 1923, milieu dans lequel il côtoie J.Rivière et J. Paulhan et écrit pour la N.R.F

Proche du courant surréaliste dans les années trente, il tente dans ses poèmes de « donner la parole au monde muet ». En 1942 « Le Parti pris des choses » le classe tout de suite au premier rang. Militant au Parti Communiste, il dirige l’hebdomadaire, « Action » et effectue un séjour en Algérie. En 1961, il publie « Le Grand Recueil » en trois volumes : « Lyres », « Méthodes » et « Pièces » et s’installe au Mas des Vergers au Bar sur Loup où il meurt en 1988.


 

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